17 novembre 2009
(14/n)
C'est une constatation que j'ai faite dernièrement en examinant nos discussions et le vocabulaire que nous utilisons...La grande majorité (si ce n'était la totalité) de ce ne que nous disons porte des sens négatifs et reflète la vision noire que nous avons envers notre vie quotidienne et notre entourage...Nous ne voyons que la partie négative des choses, nous croyons souvent que nous sommes victimes des circonstances, que c'est la faute des autres, que nous n'avons pas la chance, qu'il n'y a pas d'espoir, que la situation restera toujours la même et que les marocains ne sont pas du tout bons....
Savons-nous que "nous sommes ce que nous pensons"? croyons-nous à la force des idées? pouvons-nous croire que ce que nous vivons est le résultat immédiat de ce qui nous vient à l'esprit?...
Ce n'est pas en critiquant et en blâmant tout le temps que la situation sera améliorée, il vaut mieux d'abord revoir notre langage et notre conception des choses....
29 octobre 2009
(13/n)
Tant que nous ne sommes pas puissants économiquement nous ne pourrons rien faire et notre voix n'aura aucun écho voire aucun poids...Et bien sûr pour avancer économiquement il faut développer tous les secteurs, et cela ne sera exauçable que si chacun de nous soit conscient de l'objectif tracé et commun et qui nous permettra d'agir correctement et dans le bon sens...
Maintenant si nous sommes développés (je parle de notre pays), je ne crois pas que ce serait assez suffisant, n'oublions pas que l'union est une force...si nous arrivons à surpasser les problèmes entre les pays musulmans et à chercher un terrain d'entente et des intérêts communs, on pourra avoir un avis qui sera toujours pris en considération...
Ceci d'un côté, d'un autre je crois qu'il faut être convaincu de notre droit de défendre la cause de Palestine, pourquoi on dit que Palestine est la terre des arabes? Pourquoi les juifs ont tort de prétendre qu'ils ont droit à la mosquée Al Aqsa? Connaissons nous l'histoire de ce peuple?...Nous devons avoir des réponses convaincantes et nous devons éduquer ceci à nos enfants pour que ce message soit hérité d'une génération à l'autre....
Je n'aime pas dire : "c'est le rôle des gouvernements, le peuple n'y peut rien !", si on te désigne ministre d'un certain secteur, crois-tu que tu feras mieux que le ministre actuel?!
Je suis convaincue qu'il s'agit d'une culture instaurée dans la société, et qu'il faut changer du fond...
20 octobre 2009
(12/n)
J'ai parcouru le couloir pour chercher une personne responsable dans l'administration, j'ai rencontré la secrétaire et je n'ai pas hésité à lui demander : "Pardon Madame, puis-je savoir où trouver M. X?", elle m'a regardé un instant puis a répliqué d'un air nonchalant : "il n'est pas là...il arrivera tout à l'heure..." puis a tourné le dos contre moi...
Cette attitude a révélé plusieurs aspects chez les responsables (soit disant) dans notre société. Cette personne s'est comportée comme si elle était quelqu'un de supérieur, elle détient l'information, elle l'exploite pour exercer un pouvoir, une autorité...Normalement cette personne est sensée être au service des autres, mais visiblement elle cherche la moindre opportunité pour paraître supérieure...
Cette personne aurait pu m'accueillir avec un sourire et me répondre clairement et avec gentillesse et m'attendre lui dire un merci ou demander autre chose, mais elle n'a pu garder la porte de son cœur ouverte jusqu'à ce que je sois satisfaite, comme si je devais payer contre ses informations qu'elle m'a fournies...
Cette attitude ne m'a touchée en rien, mais elle m'a rappelé nos organismes étatiques, en commençant du gardien (chaouch) et en finissant par le ministre...Chacun essaye de chercher un point fort dans son poste pour exercer un pouvoir sur le citoyen, pour se sentir quelqu'un d'important dans la société, quelqu'un de fort...Alors que la force réside dans la capacité d'accueillir et de venir à l'aide de ceux qui sollicitent votre coup de main.....
2 octobre 2009
(11/n)
En revenant à mes anciens écrits, je suis tombée sur une réflexion intitulée "Bulle de bonheur", et qui date de la période de préparation de ma soutenance...
J'étais trop prise par la préparation du rapport et de la présentation et la finalisation du projet de fin d'étude, je ne trouvais aucun goût à ma vie et je me sentais bouleversée, j'attendais avec impatience le lendemain de l'obtention de mon diplôme et je me disais à chaque fois : " je me stabiliserai quand je finirai cette année"...
Après un instant je me suis rendue compte que ce ne sera pas forcément le début d'une vie stable et heureuse, mais un nouveau parcours commencerait : la recherche d'emploi....et ça ne s'arrêterait non plus là, car un nouvel objectif remontera à la surface, celui de se marier et de bâtir une petite famille...Sûre que ce serait le véritable bonheur et la véritable stabilité?...N'y aurait-il pas le rêve d'avoir des enfants et de chercher un logement et .....?
Quand est ce que je vivrai alors le vrai bonheur ?!
J'ai alors pensé à la bulle de bonheur, je me suis imaginée entourée par une bulle pleine de bonheur, une bulle indépendante des circonstances et des personnes qui m'entourent, j'ai essayé de me convaincre que le bonheur n'est liée qu'à moi seule, il n'est pas créé par autrui, je suis la seule à pourvoir être la source du bonheur pour moi, et quelque soient les circonstances, je peux toujours trouver un goût de bonheur au moment que je vis, comme je peux intégrer les autres dans cette bulle...
Cette idée m'a aidée à voir la vie sous un nouvel angle et à retrouver la paix et la stabilité malgré tout....
Je sais que ce n'est pas toujours évident, mais on essaye quand même de "vivre chaque instant comme si c'était le dernier de notre vie".....19 août 2009
(10/n)
Dans la salle d'attente il y avait en face de moi deux femmes, l'une d'elles toute couverte par des habits noirs, l'on ne peut voir même ses yeux ! L'autre portant une robe couvrant à peine la moitié de son corps...
La première impression qui me vient à l'esprit est que la femme voilée est plus pieuse que la deuxième, et que celle-ci est loin d'Allah...Ce n'est qu'une impression, la vie m'apprend d'autres vérités, la religion également...
J'ai contacté de nombreuses et différentes personnes dans des contextes divers, ce que j'en retire : "il ne faut pas se fier aux apparences"...Oui, le voile ou la barbe ne signifient point que le fond est net et que la relation avec Allah a atteint un haut degré, ce n'est qu'un symbole qui signifie que la personne veut s'attacher à la religion et essait d'appliquer au maximum les recommandations d'Allah et de son prophètes, je ne parle pas bien sûr des cas exceptionnels de femmes voilées ou d'hommes barbus qui n'ont rien à voir avec l'Islam...
Combien de femmes non voilées sont beaucoup plus disciplinées et craignent Allah plus que des femmes paraissant plus pieuses, et combien de femmes voilées sont orgueilleuses et se croient supérieures aux autres...
C'est une vérité que j'ai vécue et que j'ai constatée, quand une personne s'attache à la religion et pratique beaucoup, elle croit à un certain moment qu'elle a atteint un haut degré, puis elle se met à voir les autres comme si elle était sur le sommet d'une montagne et commence à émettre des ordres pour les guider et leur montrer le droit chemin qu'il a reconnu...L'idée de guider les autres n'est pas fausse en elle même, mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est qu'on est tous des serviteurs d'Allah et qu'on n'a pas le droit de juger les autres, Allah seul connaît le fond de chacun, ses intentions, son degré de foi et son sort...
Il y a un Hadit qui nous apprend qu'Allah ne regarde pas nos apparences mais plutôt nos coeurs, et il y a un verset qu'il ne faut oublier dans sourat Al-Hujourat : "Ô vous qui avez cru ! Qu'un groupe ne se raille pas d'un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux. Et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles"...Eh oui, toi qui es non voilée, tu es peut-être meilleure que moi qui est voilée...
Finalement une dernière leçon, ne faisons pas de distinctions entre les femmes voilées et celles non voilées, nous sommes là pour collaborer, pour vivre ensemble, pour tirer profit les unes des autres et surtout pour avancer...Cessons de juger à partir de l'apparence et essayons de rentrer au fond pour découvrir la vérité....12 juillet 2009
(9/n)
- Alo chère collègue, tu vas bien ?
- Salut Asmaa ! je vais bien merci, et toi ?
- Dieu merci....dis moi, je me suis absentée ce matin, j'étais fatiguée et je n'ai pu venir, je fais quoi pour régler le problème avec l'administration ?
- Ben tu dois faire un CM
- CM ?? c'est quoi ?
- Certificat de maladie
- Mais je n'étais pas malade !
- Je sais, mais si tu ne le fais pas on va retirer de ton salaire....
- Mmmmm, et qui donne un CM ?
- Simple : tu cherches un médecin et tu lui demandes de te faire un CM de deux ou trois jours, tu peux même faire une semaine, ça ne coûte que 50 dhs dans tous les cas
- Mmmmm, d'accord, je te remercie..Au revoir !
- Je t'en prie, à bientôt !
Cette simple conversation a déclenché une réflexion autour de ce nouveau sujet, les CMs...ça peut apparaître simple pour les gens qui s'y sont habitués, mais ces médecins qui délivrent ces attestations contre des cinquante dirhams ne savent-ils pas qu'ils sont en train de mentir et de commettre un parjure (ou en arabe chahadat azzour) ?!
Ils saisissent leurs stylos et écrivent très facilement : "Je soussigné M x atteste que M y a été examiné et qu'il nécessite un arrêt de travail de n jours ..." puis les délivrent aux dits patients sans se rendre compte qu'ils sont en train de tricher, de témoigner quelque chose qui n'existe pas...
Non seulement ces médecins sont fautifs, mais aussi ceux qui sont convaincus de cette solution magique et qui recourent à chaque fois à ces médecins...
Je crois que nous devons être plus clairs et plus directs avec nous même et avec autrui, ce n'est pas bien de mentir...7 juillet 2009
(8/n)
"S'il te plait Asmaa je veux te dire quelque chose! prête moi juste un peu d'attention! j'ai besoin de te parler, c'est urgent!..." des appels persistants que j'entendais sans cesse au fond de moi, mais que j'essayais d'ignorer sous prétexte que je n'ai pas le temps et qu'il y a des tâches plus prioritaires qu'écouter cet enfant résidant au fond de moi...
On trouve le temps pour tout sauf pour soi-même ! on essaie de se convaincre que tout va bien à l'intérieur et qu'il faut soigner plutôt l'extérieur qui parait aux autres, ce qui se passe au fond de soi personne ne le connaît, donc on peut le marginaliser...
Fausse idée, dit l'auteur du livre intéressant "Cessez d'être gentil, soyez vrai!" où il affirme que si une personne ne s'écoute pas et n'essaie pas d'identifier ses besoins pour les satisfaire, il ne saura comment vivre en paix avec autrui car il n'est pas en paix avec soi !
Consacrer juste un bout de temps, s'isoler dans un coin pour s'asseoir avec soi, se parler, s'écouter, discuter des problèmes et des besoins et des rêves, essayer de s'approcher de soi et se dire enfin : "Je t'aime"....Oui, si on arrive à atteindre ce niveau de relation avec soi, tout devient clair à nos yeux...